Dans la terre

A genoux dans un crépuscule faiblissant, elle priait devant une pierre grise, gravée au nom de son bien-aimé. "Seigneur, qui que vous soyez, réunissez-nous, je vous en supplie." Et de s'ouvrir le poignet pour nourrir la terre. Sa longue jupe était sale de ses sorties nocturnes. Les larmes brouillaient sa vue et inondait ses joues pour finir entre ses lèvres, et lui faire connaître le goût salé de la perte. Dans sa brume chagrine, elle ne vit ni n'entendit le sol remuer devant elle. D'abord des doigts aux ongles cassés en surgirent, des mains à la peau déchirée, puis un long bras décharné.

La longue chevelure emmêlée de la belle fut saisie sans ménagement, et son visage traîna contre la terre molle, qui s'engouffra dans sa bouche bée d'une surprise macabre. Goût de la mort. Un crâne à moitié chevelu, sans regard, accompagnait le bras, outil d'une faim sans nom. Les joues ouvertes, dévorées par la vermine, montraient des dents qui s'écartèrent pour s'emparer de la chair molle au goût salé du visage féminin. Hurlement dans la nuit. Le silence fit vite place à l'écho que personne ne put entendre. Inconsciente, elle fut entraînée dans le sol d'un brun grumeleux, et son vœu fut exaucé.


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